{"id":281,"date":"2021-04-28T09:23:16","date_gmt":"2021-04-28T08:23:16","guid":{"rendered":"http:\/\/association-schole.com\/?page_id=281"},"modified":"2021-06-01T09:37:51","modified_gmt":"2021-06-01T08:37:51","slug":"aristote","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/association-schole.com\/index.php\/aristote\/","title":{"rendered":"ARISTOTE"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">Pourquoi lire Aristote aujourd&rsquo;hui ?<\/h1>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lire aujourd\u2019hui Aristote (384-322 av. JC) peut, sans doute, se justifier par un int\u00e9r\u00eat envers le pass\u00e9, une nostalgie de la Gr\u00e8ce Antique, ou la volont\u00e9 louable de se cultiver. Cependant, aussi int\u00e9ressantes qu\u2019elles soient, aucune de ces raisons ne met en avant l\u2019essentiel, le plus important, \u00e0 savoir que ce philosophe a la capacit\u00e9 de nourrir la pens\u00e9e et l\u2019action de tous les temps, et donc du n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelle que soit l\u2019\u00e9poque o\u00f9 nous nous trouvons, Aristote est bien un ma\u00eetre de la pens\u00e9e qui nous aide \u00e0 d\u00e9couvrir, entre autres concepts, les quatre causes (1), l\u2019importance primordiale de la cause finale, la distinction entre la puissance et l\u2019acte, ainsi que celle entre mati\u00e8re et forme, mais aussi les dix cat\u00e9gories (2). Or, contrairement \u00e0 ce qu\u2019on aurait pu attendre, toutes ces notions ne donnent pas naissance \u00e0 un monde purement conceptuel, purement abstrait, \u00e0 l\u2019inverse de la philosophie de celui qui, pendant vingt ans, fut son ma\u00eetre, \u00e0 savoir Platon. En effet, tous ces concepts sont des d\u00e9couvertes au c\u0153ur du monde tel qu\u2019il est. Aristote observe, compare, interroge dans un questionnement permanent. En aucune fa\u00e7on il ne tourne le dos au r\u00e9el, mais il creuse et d\u00e9couvre sans a priori, toujours \u00e9merveill\u00e9 par les \u00eatres du monde, car \u00ab&nbsp;c\u2019est (\u2026) l\u2019\u00e9tonnement qui poussa, comme aujourd\u2019hui, les premiers penseurs aux sp\u00e9culations philosophiques&nbsp;\u00bb (<em>M\u00e9taphysique<\/em>, A, 2, 982b10).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dante dit de lui qu\u2019il est \u00ab&nbsp;le ma\u00eetre de ceux qui savent&nbsp;\u00bb. Mais qui savent quoi&nbsp;? Que le r\u00e9el doit nourrir nos d\u00e9marches, m\u00eame les plus intellectuelles, car \u00ab&nbsp;la raison qui emp\u00eache d\u2019embrasser l\u2019ensemble des concordances, c\u2019est l\u2019insuffisance de l\u2019exp\u00e9rience. C\u2019est pourquoi ceux qui vivent dans une intimit\u00e9 plus grande des ph\u00e9nom\u00e8nes de la nature sont aussi plus capables de poser des principes fondamentaux tels qu\u2019ils permettent un vaste encha\u00eenement. Par contre, ceux que l\u2019abus des raisonnements dialectiques a d\u00e9tourn\u00e9s de l\u2019observation des faits, ne disposant que d\u2019un petit nombre de constatations, se prononcent trop facilement&nbsp;\u00bb (<em>De la G\u00e9n\u00e9ration et de la Corruption<\/em>, I, 2, 316a5). Mieux que quiconque Rapha\u00ebl a exprim\u00e9 l\u2019essentiel au centre de sa fresque <em>L\u2019Ecole d\u2019Ath\u00e8nes<\/em> : Platon et Aristote marchent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te ; le premier tient un exemplaire du <em>Tim\u00e9e<\/em> et d\u00e9signe le ciel de l\u2019autre main ; le second se d\u00e9place avec l\u2019<em>Ethique<\/em> et, de la main droite d\u00e9signe la terre. Pour bien raisonner, il faut raisonner en se conformant au r\u00e9el et non pas \u00e0 partir de pures abstractions, ni, autrement dit, selon une m\u00e9thode purement dialectique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le monde dans lequel nous vivons n&rsquo;est pas celui d\u2019Aristote. Ses \u00e9crits ne peuvent donc pas r\u00e9pondre \u00e0 toutes les questions qui sont aujourd&rsquo;hui les n\u00f4tres. Mais sa d\u00e9marche philosophique peut nous aider \u00e0 faire face aux d\u00e9fis du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nos d\u00e9bats sur la famille ou l\u2019\u00c9tat seront st\u00e9riles aussi longtemps que nous n\u2019aurons pas pos\u00e9 et r\u00e9pondu \u00e0 la question de savoir quelles sont leurs finalit\u00e9s. En vue de quoi la famille, en vue de quoi l\u2019\u00c9tat&nbsp;? Quant \u00e0 l\u2019articulation complexe entre les diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s humaines, n\u2019est-il pas indispensable de revenir vers l\u2019analyse du principe de subsidiarit\u00e9&nbsp;? Les d\u00e9couvertes de plus en plus pr\u00e9cises du monde animal r\u00e9volutionnent notre savoir. Sommes-nous autre chose que de simples animaux&nbsp;? Si oui, quelle est la diff\u00e9rence&nbsp;? Cette diff\u00e9rence, si elle existe, est-elle capitale&nbsp;? Revenons \u00e0 la philosophie du vivant. Elle nous aidera aussi face aux d\u00e9bats bio\u00e9thiques. En effet, comment se positionner sans avoir pr\u00e9alablement r\u00e9fl\u00e9chi sur l\u2019aspect global du vivant, puis sur celui du vivant humain&nbsp;? Dans un monde de plus en plus domin\u00e9 par le lib\u00e9ralisme et le capitalisme, nous devrions sans doute faire une pause&nbsp;: qu\u2019est-ce que l\u2019\u00e9conomie, quelle est sa finalit\u00e9, qu\u2019est-ce que l\u2019argent, quelle conception de la propri\u00e9t\u00e9 d\u00e9velopper&nbsp;? Pour beaucoup le savoir scientifique est la v\u00e9rit\u00e9. Mais au fait, qu\u2019est-ce que le vrai&nbsp;? Est-il uniquement le r\u00e9sultat de ce qui a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9&nbsp;? De plus, la science pose de multiples questions \u00e9thiques&nbsp;: devons-nous syst\u00e9matiquement mettre en pratique ce qu\u2019elle nous permet&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, et ce n\u2019est pas le moins important, quelle est individuellement et collectivement notre finalit\u00e9&nbsp;? Le plaisir, l\u2019\u00e9go\u00efsme, la loi du plus fort, l\u2019enrichissement, le bonheur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Surnomm\u00e9 \u00ab&nbsp;le liseur&nbsp;\u00bb par Platon, Aristote m\u00e9rite \u00e0 son tour d\u2019\u00eatre lu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em><strong>Howard Hair<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>    <\/code><\/pre>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>(1) &nbsp;Aristote entend par <strong>causes <\/strong>les quatre r\u00e9ponses distinctes et compl\u00e9mentaires \u00e0 la question de savoir comment d\u00e9finir telle ou telle chose, tel ou tel \u00eatre. Prenons l&rsquo;exemple suivant, celui de la Statue de la Libert\u00e9, et abordons la selon les quatre <strong>causes : <\/strong><em>cause efficiente<\/em>, ou la question de l&rsquo;origine (Auguste Bertholdi), <em>cause mat\u00e9rielle<\/em>, ou ce qui la compose (essentiellement du cuivre), <em>cause formelle<\/em>, ou essence (l&rsquo;id\u00e9e dans la t\u00eate de l&rsquo;artiste), <em>cause finale<\/em>, en vue de quoi (pour c\u00e9l\u00e9brer le centenaire de la D\u00e9claration de l&rsquo;ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>(2)&nbsp; Les <strong>cat\u00e9gories<\/strong>, au nombre de dix, d\u00e9signent les concepts fondamentaux, les mani\u00e8res g\u00e9n\u00e9rales de penser et de dire ce qui est. Ce sont la <em>substance <\/em>(c&rsquo;est un <em>homme<\/em>), la <em>quantit\u00e9 <\/em>(il mesure <em>1m 82)<\/em>, la <em>qualit\u00e9 <\/em>(il est <em>\u00e9crivain<\/em>), la <em>relation<\/em>&nbsp;(il gagne le <em>double <\/em>de son fr\u00e8re), le <em>lieu<\/em>&nbsp;(il habite \u00e0 <em>Paris<\/em>), le <em>temps<\/em>&nbsp;(son dernier livre remonte \u00e0 <em>trois ans<\/em>), la <em>position<\/em>&nbsp;(il est <em>debout<\/em>), la <em>possession <\/em>(il est <em>v\u00eatu <\/em>simplement), l&rsquo;<em>action <\/em>(il <em>regarde<\/em> la pluie tomber<em>)<\/em>&nbsp;et la<em>&nbsp;passion <\/em>(s&rsquo;il sort il sera <em>mouill\u00e9<\/em>).<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi lire Aristote aujourd&rsquo;hui ? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lire aujourd\u2019hui Aristote (384-322 av. JC) peut, sans doute, se justifier par un int\u00e9r\u00eat envers le pass\u00e9, une nostalgie de la Gr\u00e8ce Antique, ou la volont\u00e9 louable de se cultiver. 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